Un groupe de travail en totale autonomie : est ce possible ?

Une équipe complètement autonome, est-ce vraiment possible ? Comment constituer et briefer une telle équipe ? Quelles sont les règles à respecter pour que cela fonctionne ?

Que ce soit pour réaliser un nouveau projet, un projet stratégique ou projet complexe, qui n’a jamais souhaité pouvoir rassembler une équipe de choc et 100% autonome du début à la fin du projet ? Vous leur expliquez le contexte et le résultat attendu puis vous les laissez s’en aller en attendant sagement leur retour et la réussite du projet ! Cette situation arrive et est complètement possible à condition de respecter certaines consignes.

  • Le choix des membres : Toutes les compétences nécessaires au projet doivent évidemment être réunies. D’autres caractéristiques seront nécessaires chez les membres du groupe : l’envie, l’excitation ou motivation pour le projet, le temps pour se consacrer temporairement au nouveau projet, la capacité d’adaptation à un nouveau groupe et environnement. Il s’agit principalement des fameuses soft kills dont on parle énormément en ce moment : il s’agit surtout de qualités relationnelles et humaines.

  • Le groupe doit savoir prendre des décisions importantes : le groupe doit donc cultiver cette capacité à choisir, à décider, à prévoir. Je pense qu’à ce niveau, il ne s’agit pas de compétences individuelles mais de règles opérationnelles et décisionnelles à mettre en place. Il existe d’excellents outils d’aide à la décision que le groupe pourra utiliser. La rigueur dans l’utilisation de ces outils et dans le respect des délais sera la meilleure alliée du groupe.

  • Responsabilité : impossible de faire porter la responsabilité d’un éventuel échec à un responsable hiérarchique ou autre collaborateur. En effet, pour que l’autonomie prenne tout son sens il faut que le groupe accepte cette responsabilité. A ce niveau on comprend que, bien évidemment, les individus du groupe en question doivent se sentir concernés par le projet d’entreprise et vraiment comprendre l’importance de leur rôle.

  • Responsabiliser le groupe c’est également s’interdire d’intervenir !  Sauf demande formulée par le groupe qui peut par exemple proposer des points d’étapes réguliers et demander des feedbacks, il est formellement interdit à quiconque d’intervenir d’un point de vue décisionnel dans le travail d’un groupe autonome ! Et oui, intervenir voudrait dire rompre le contrat d’autonomie ! Tout retomberait à plat, la confiance et la responsabilisation s’envoleraient.
    Donner de l’autonomie à un groupe c’est aussi accepter qu’il fasse différemment et envisager la probabilité d’un échec.

  • Garder l’intensité et la motivation constante pendant toute la durée de vie du groupe. Il peut être judicieux de les faire accompagner par un coach ou un expert en intelligence collective. Cela passe aussi par une conduite de projet irréprochable avec suffisamment de points d’étapes permettant de se réjouir de l’avancée et de petites réussites. Une journée spéciale, hors du bureau par exemple, peut être organisée à mi-chemin.

  • Que le groupe prenne conscience qu’il existe ! Bureau dédié (pourquoi ne pas décentraliser le groupe en prenant une salle dans un espace de coworking ?), journée de lancement, journée de clôture, définir un nom de projet et d’équipe, assurer une communication en interne, créer un ou des emails spécifiques et paramétrer les outils de gestion de projet…

Voyez-vous d’autres éléments à ajouter ?

Avez-vous connu ce genre de situation et quelles leçons en avez-vous tirées ?

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